À quoi servent encore les consultations publiques en France si la parole des citoyens est balayée dès lors qu'elle dérange les groupements d'intérêts ?
C'est la question que pose aujourd'hui le collectif Le Peuple pour le Vivant à travers une pétition d'envergure nationale adressée au Gouvernement et au ministère de la Transition écologique.
Le sujet de la colère : le renouvellement de la liste des ESOD (les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, l'ancien statut désignant les animaux « nuisibles »).
En juillet 2026, l'État a ouvert une consultation publique officielle. Résultat ? Une mobilisation citoyenne massive avec 75 337 contributions déposées, et plus de 8 participants sur 10 opposés au classement et à la destruction de la faune sauvage. Pourtant, malgré ce refus catégorique, l'État a signé l'arrêté ESOD 2026-2029, autorisant une fois de plus l'abattage et le piégeage systématique des renards, corbeaux, corneilles ou fouines.
Pour le collectif Le Peuple pour le Vivant, la pilule ne passe pas. Consulter les Français pour donner l'illusion d'une démarche démocratique, puis valider un arrêté prévoyant encore plus de destructions dans certains territoires sous la pression des lobbies de la chasse et de l'agriculture intensive constitue un véritable déni de démocratie.
Alors que la biodiversité s'effondre et que les écosystèmes souffrent déjà des dérèglements climatiques, continuer à traiter des espèces comme des cibles à éradiquer relève d'une logique complètement dépassée. Le renard, par exemple, est un auxiliaire agricole naturel précieux qui régule les populations de rongeurs sans l'usage de produits chimiques.
Le constat du collectif : Dans une République, le pouvoir et la décision doivent revenir au peuple. Une consultation publique ne doit pas être une simple vitrine administrative pour valider des décisions déjà prises en coulisses.
Adressé au Premier ministre, au ministre de la Transition écologique ainsi qu'aux préfets de département, l'appel du Peuple pour le Vivant exige une refonte globale de la gestion de la faune sauvage autour de cinq axes majeurs :
L'abrogation immédiate des dispositions de l'arrêté ESOD 2026-2029 qui autorisent le massacre de ces espèces.
La fin du classement ESOD en l'absence de preuves scientifiques solides, indépendantes et vérifiables sur les dégâts prétendument causés.
La prise en compte obligatoire des avis citoyens émis lors des consultations publiques, avec une obligation de transparence sur leur traitement.
La réduction de l'influence des lobbies de la chasse dans la rédaction des normes environnementales.
Une politique de protection du vivant ambitieuse, qui cesse de privilégier la destruction comme seule réponse administrative.
Faites entendre votre voix exigez une vraie démocratie écologique !
Si vous refusez que la faune sauvage continue d'être sacrifiée et que la voix des citoyens soit systématiquement ignorée, il est temps d'agir. En signant cette pétition, vous rappelez aux politiques qu'une République qui consulte son peuple a le devoir de l'écouter.
