Souvent craints ou mal-aimés, les serpents souffrent d'une réputation tenace, nourrie par les légendes et les idées reçues. Pourtant, qu'il s'agisse de leur anatomie, de leurs méthodes de chasse, de leurs déplacements ou de leurs sens particulièrement développés, ces reptiles sont de véritables merveilles d'évolution biologique. Découvrez huit particularités insolites qui prouvent que le serpent est bien loin du monstre que l'on s'imagine !
1. Leur langue leur sert à « sentir » leur environnement
Quand un serpent sort sa langue à toute vitesse, il ne cherche pas à vous intimider, il récupère simplement des informations chimiques sur son environnement !
Sa langue bifide capte de minuscules particules odorantes présentes dans l'air et les ramène à l'intérieur de sa bouche. Elles sont ensuite analysées par l'organe de Jacobson, aussi appelé organe voméro-nasal, un organe sensoriel particulièrement développé chez les serpents.
Et ce n'est pas tout, les deux extrémités de leur langue permettent de recueillir des informations provenant de deux directions différentes. Le serpent peut ainsi comparer les concentrations de molécules odorantes à gauche et à droite et déterminer plus facilement d'où vient une odeur.
Une sorte de système de localisation chimique qui lui permet notamment de suivre la piste d'une proie ou de retrouver un partenaire.
2. Ils dorment les yeux ouverts
Avez-vous déjà remarqué le regard fixe et presque hypnotique des serpents ? Il y a une explication très simple : ils n'ont pas de paupières mobiles.
À la place, chaque œil est recouvert et protégé par une écaille transparente appelée lunette oculaire. Elle protège l'œil tout en laissant passer la lumière.
Quelques jours avant la mue, cette écaille devient temporairement trouble ou bleuâtre en raison des changements qui se produisent sous la couche externe de la peau. Le regard du serpent paraît alors voilé. Après la mue, la lunette retrouve sa transparence.
3. Certains peuvent détecter la chaleur dans l'obscurité
Certaines espèces, notamment parmi les boas, les pythons et les vipères, possèdent un véritable sixième sens : elles peuvent détecter la chaleur émise par leur environnement.
Situées autour du museau chez les espèces qui en possèdent, les fossettes thermosensibles contiennent des récepteurs capables de percevoir de très faibles variations de température.
Grâce à elles, le serpent peut repérer la chaleur corporelle d'une proie, même lorsque la visibilité est très mauvaise. Dans l'obscurité, ces informations thermiques viennent compléter celles fournies par ses yeux et son odorat.
Une adaptation particulièrement utile pour chasser des animaux à sang chaud la nuit ou dans des endroits peu éclairés.
4. Certains serpents peuvent « voler »
En Asie du Sud-Est, les serpents du genre Chrysopelea, surnommés serpents volants de paradis, repoussent les limites de ce que l'on imagine possible pour un reptile sans ailes.
Pour se déplacer rapidement d'un arbre à l'autre sans avoir à redescendre au sol, ils se lancent dans le vide depuis les branches.
Une fois dans les airs, ils aplatissent leur corps et modifient sa forme afin d'augmenter leur portance. Ils ondulent également leur corps de manière précise pour contrôler leur trajectoire.
Ils ne volent pas véritablement comme un oiseau, ils planent, et peuvent parcourir plusieurs dizaines de mètres entre deux arbres.
5. Ils ne « déboîtent » pas leur mâchoire
On entend souvent dire qu'un serpent doit déboîter sa mâchoire pour pouvoir avaler une proie volumineuse. C'est en réalité une idée reçue !
Le secret réside dans l'extrême mobilité de leur squelette. Chez les serpents, les deux parties de la mâchoire inférieure ne sont pas soudées entre elles comme chez l'être humain, elles sont reliées par des tissus très souples.
Les différents os du crâne sont eux aussi reliés par des articulations permettant de grands mouvements. Le serpent peut ainsi ouvrir largement sa bouche et faire progressivement avancer sa proie vers son estomac en mobilisant alternativement les deux côtés de sa mâchoire.
Il ne remet donc pas une mâchoire « déboîtée » en place après son repas, son anatomie est naturellement conçue pour être extrêmement flexible.
6. Leur corps compte des centaines de vertèbres
Sans pattes, sans bras et sans mains, comment les serpents peuvent-ils se déplacer avec autant de précision ?
Une partie de la réponse se trouve dans leur colonne vertébrale. Selon les espèces, certains serpents possèdent plusieurs centaines de vertèbres, chacune étant associée à des côtes.
Cette multitude de petits segments leur offre une souplesse exceptionnelle. Elle leur permet de réaliser les ondulations nécessaires à leur déplacement, mais aussi de se faufiler dans des espaces très étroits et d'adapter leur corps aux formes du terrain.
C'est cette succession de nombreuses petites articulations qui transforme leur long corps en un véritable outil de locomotion.
7. Leur système respiratoire est lui aussi adapté à leur corps allongé
Le corps des serpents ne ressemble à celui d'aucun autre animal. Leur système respiratoire a donc lui aussi dû s'adapter à cette forme très allongée.
Chez de nombreuses espèces, le poumon gauche est fortement réduit, voire absent, tandis que le poumon droit est beaucoup plus développé et allongé.
Cette organisation permet de loger les organes respiratoires dans un corps où l'espace est particulièrement étiré sur la longueur.
Et chez certaines espèces, la partie arrière du poumon joue également un rôle de réserve d'air, ce qui constitue une adaptation intéressante à leur mode de vie.
8. Même leur cœur peut s'adapter à leur repas
Avaler une proie entière et parfois très volumineuse demande quelques adaptations anatomiques étonnantes.
Chez les serpents, le cœur est relativement mobile et peut se déplacer légèrement à l'intérieur du corps. Cette particularité est particulièrement utile lorsqu'une grosse proie progresse dans le tube digestif.
Elle permet notamment d'éviter que le cœur soit comprimé de manière excessive pendant la digestion.
Encore une fois, tout dans l'anatomie du serpent semble avoir été pensé pour répondre aux contraintes de son corps allongé et de son alimentation particulière.
Loin des créatures inquiétantes que les croyances populaires ont parfois dépeintes, les serpents sont surtout des animaux aux capacités remarquablement adaptées à leur environnement. Leur corps, leurs sens et leurs techniques de déplacement témoignent d'une longue histoire d'évolution, où chaque particularité remplit une fonction bien précise.
