Avec sa tête de petit cheval, sa queue enroulée et sa façon de se déplacer à la verticale, l'hippocampe semble presque sorti d'un conte. Pourtant, c'est bien un poisson. Un poisson pas comme les autres, qui nage très mal, chasse ses proies en les aspirant, peut déplacer ses yeux indépendamment l'un de l'autre et, surtout, chez lequel c'est le mâle qui porte les bébés.

L'hippocampe appartient au genre Hippocampus, qui regroupe plusieurs dizaines d'espèces. Il fait partie de la famille des Syngnathidés, aux côtés notamment des syngnathes et des dragons de mer.

Son corps est protégé par des plaques osseuses qui forment une sorte d'armure et sa longue queue préhensile lui permet de s'accrocher aux algues et aux plantes marines. Une adaptation bien utile pour cet animal qui est loin d'être un grand nageur plutôt que de lutter contre les courants, il préfère souvent rester accroché à son support.

L'hippocampe compte donc davantage sur la discrétion que sur la vitesse pour survivre. Certaines espèces peuvent d'ailleurs modifier leur coloration afin de se fondre dans leur environnement et d'autres possèdent de petits filaments qui leur donnent l'apparence d'algues.Il peut ainsi rester presque immobile, parfaitement camouflé au milieu de la végétation.

Et même lorsqu'il semble ne rien faire, il surveille attentivement ce qui l'entoure, ses deux yeux peuvent bouger indépendamment l'un de l'autre. Il peut donc regarder dans deux directions différentes sans avoir à déplacer sa tête.

Mais ne vous fiez pas à son allure délicate, l'hippocampe est carnivore. Il se nourrit notamment de petits crustacés, de larves et d'autres organismes minuscules.

Pour les attraper, il utilise son long museau tubulaire. Lorsqu'une proie s'approche suffisamment, il crée une aspiration extrêmement rapide qui l'entraîne directement dans sa bouche.

Enfin, c'est sans doute sa particularité la plus célèbre, chez les hippocampes, c'est le mâle qui porte les embryons.

Lors de la reproduction, la femelle dépose ses œufs dans une poche située sur le ventre du mâle. Celui-ci les féconde puis les conserve dans cette poche incubatrice pendant leur développement.

Et cette poche constitue un véritable environnement biologique pour les embryons, avec notamment des échanges gazeux et une régulation de leur environnement. Après plusieurs semaines, le mâle donne naissance aux petits en les expulsant de sa poche.

Selon les espèces, une naissance peut donner lieu à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de petits, et parfois approcher le millier. Mais les jeunes hippocampes sont particulièrement vulnérables. À peine nés, ils doivent se nourrir et échapper seuls aux prédateurs, le père ne les élève pas après leur naissance.

Chez certaines espèces, les futurs parents entretiennent toutefois un lien étonnant. Des couples ont été observés se retrouvant quotidiennement, notamment au début de la journée, en nageant ensemble ou en entrelaçant leurs queues. Ils peuvent également changer de couleur lors de ces interactions.

Le saviez-vous ? Tous les hippocampes sont loin d'avoir la même taille. L'hippocampe pygmée de Satomi (Hippocampus satomiae) mesure à peine plus d'un centimètre, tandis que certaines autres espèces peuvent dépasser les 30 centimètres !

Il y a aussi des hippocampes en France. L'hippocampe n'est pas réservé aux mers tropicales. Deux espèces fréquentent les côtes françaises, l'hippocampe à museau court (Hippocampus hippocampus) et l'hippocampe moucheté (Hippocampus guttulatus).

Ce dernier vit notamment dans les herbiers et les zones côtières et peut être observé jusqu'à environ 30 mètres de profondeur. Mais son camouflage et sa discrétion rendent son observation difficile.

Herbiers marins, mangroves, récifs et végétation côtière jouent un rôle essentiel dans la vie des hippocampes. Ils leur servent à la fois de refuge, de terrain de chasse et de lieu de reproduction. La destruction de ces habitats, la pollution, certaines pratiques de pêche et les captures destinées au commerce représentent donc des menaces pour ces animaux. Tous les hippocampes du genre Hippocampus sont d'ailleurs inscrits à l'Annexe II de la CITES, qui encadre leur commerce international.

L'hippocampe est finalement bien plus qu'un petit poisson à l'apparence étonnante.